The Truffe Diaries

interphones, logistique et bicyclette

16 avril 2009

courriel des lecteurs

Bon ami lecteurs,

J'ai décidé de te faire une note à pas cher. Rassurez-toi je te referai pas tous les jours le coup de la rétrospective 2008, une fois par 2009 ça va bien, même si des notes de fond de tiroir jamais parues il m'en reste BEAUCOUP BEAUCOUP.
Ma vie dans le train n'est pas très très trépidante donc j'ai rien d'autre à faire qu'à t'écrire, je rappelle à toutes fins utiles qu'à partir de la semaine prochaine j'habite à Kyoto, c'est à dire une heure et demie de transports jusqu'au taff, alors de la note de fond de tiroir avec des taches de jus d'orange et des papiers gras, tu vas en avoir. T'aouar la gueule de la rétrospective 2009 tiens, tu ne pourrez t'en plaindre qu'à la Japan Railway, qui s'en foutra car ils ont d'autre chats à fouetter avec les salarymen qui se suicident en se jetant sous leurs trains comme fleurs de cerisier pleuvant sur la Tamagawa au printemps.

Bon je vais pas te parler de mon boulot parce que ya pas trop de changement, je continuer à prérâper de la vachette en petits bouts, je subis toujours la tyrannie des oreilles décollées, et l'un de mes collègues m'a demandé si un jour je cuisinerais pour lui, ce qui dans ces régions reculées revient à une demande en mariage. Ou au moins les fiançailles. Le mariage c'est si j'accepte de cuisiner pour sa mère, mais je veux pas trop trop t'en parler parce que déjà j'essaye de pas y penser. Donc si tu veux savoir le dénouement de l'affaire, t'as qu'à guetter les gros titres des journaux, si tu vois en une du Mond (hi) un truc du genre '"incident diplomatique avec le Japon, une Française assassine une famille entière avec des crêpes de sarrasin" tu sauras que c'est moi, et que ma cuisine s'est pas trop trop améliorée.
Le premier salopiot qui ose insinuer que c'est pour ça que Kochan annulait tous nos dîners se fait inscrire sur la mailing list de soutien de Chasse, Pêche, Nature et Tradition, et quant à toi Charlotte, car je saurai bien que c'est toi qu'as craché le morceau, tu peux tout de suite dire adieu à tes contacts facebook, tu choperas plus jamais là-dessus avec ce que je vais y balancer comme photos.

Non je vais faire encore mieux que ça.
(relis, tu verras de quoi je parle)
Je vais te faire une note qui
a) n'a pas été écrite par moi
b) est en lien avec des faits qui datent de cinq ans.
Putain même Lou Béga n'a pas osé autant se repomper lui-même.

Bon je te mets en lien vers la note en question (je rappelle à toute fin utile que la déco était de moi, si ton furet apprivoisé qui lit par-dessus ton épaule fait une crise d'épilepsie, tu pourrez pas dire que t'avez pas été prévenus)
shazam

Voilà, t'as bien tout lu?

Bon maintenant, attention, arrive la grosse surprise, roulez tambours (sous la table, ivres morts) :
LE COURRIER DES LECTEURS.

Bon je sais que j'en ai pas.
JE te rassure, cet homme raffiné était sûrement un requêteur google égaré; j'en profite pour te signaler que le dernier requêteur google à avoir atteri chez moi avait axé sa recherche sur les mots "sodomie avec un cheval", je commence à m'inquiéter de l'influence sur les jeunes qu'a ce blog.

Je te mets donc ici son email :

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Cher Monsieur,
>
> J'ignore si vous lirez ce mail, mais je trouve votre article relatif à Lady Mond, pour le moins irrévérencieux et absolument dénaturé par cette dame que vous dénommez 'Fifine'.
>
> Elle semble, en effet, ne pas connaître ou en tout cas, survoler allègrement la vie de Marie-Louise le MANACH, dont vous dites descendre, non pas en ligne directe, puisqu'elle n'eut pas d'enfant, mais peut-être en ligne collatérale.
>
> Je me permet de vous faire observer que son premier mari, Simon GUGEMHEIM n'était absolument pas un aristocrate anglais, mais un juif de l'Est qui mourut à Londres et est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris.
>
> Si elle vécut ensuite avec le duc de Galliera, qui contrairement à ce que vous dites n'était en rien prétendant au trône d'Espagne, (même si sa mère et son épouse étaient infantes de ce pays) ce n'est pas à coup de 'tatanes' qu'elle se sépara de lui, mais à coups d'ombrelle.
>
> D'autre part, ce n'est pas à la commune de Belle-Isle-en-Terre, ni comme vous le suggérez à celle de Belle-Isle-en-Mer, que Lady Mond et son époux offrirent un canot de sauvetage, mais à la ville de Dinard où le couple avait acquis une propriété.
>
> Je pense, Cher Monsieur, que vous êtes bien jeune, avec le verbe bien haut et trop acéré, pour vous permettre de juger une femme qui dépensa sans compter pour les autres (même riche, rien ne l'obligeait à cela), et qui pourrait être votre arrière-arrière grand-mère. Un peu de respect pour cette lady (dans tous les sens du terme) qui encouragea les arts et la culture et qui fit tant de bien pour sa commune ne nuirait en rien à votre esprit persifleur et déplacé.
>
> J'ose esperer que cet 'article' que vous avez écris n'est en rien le reflet exact de votre personnalité.
>
> Après cette mise au point que je jugeais nécessaire, croyez, Cher Monsieur, en l'assurance de mes sentiments les meilleurs.
>
> X ( arrière-petit-fils d'une cousine de Lady MOND
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Et en bonus, pour ceux qui ne sont pas encore morts dans d'atroces convulsions à la suite d'une explosion de la vessie, je te mets la réponse.
Oui, c'était la première et la dernière fois qu'on nommait un des posts de ce blog "article", Charlotte a pas encore fini de ricaner d'ailleurs, ça méritait bien une réponse tout de même.

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Cher lecteur et possible lointain cousin à la mode de Bretagne

Tout d'abord je tiens à vous remercier pour avoir lu cette note jusqu'au bout, ce qui est plus que ce que la majorité du lectorat a fait.
J'ai senti chez vous le souci du détail qui marque le biographe attentif et amoureux de son sujet.
Effectivement, quelques scandaleuses inexactitudes parsemèrent mes propos, je vous remercie de les avoir rectifiées, c'était la faute au vieil article truffé d'inexactitudes, la faute à la stella artois et peut-être un peu la faute à la mémoire à Fifine. Je pense également qu'une partie de la faute revient à l'andouille fumée.

Je tiens cependant à rectifier un détail d'importance, qui indique que si vous avez lu avec attention le moindre élément en rapport avec Lady Mond, vous fûtes un peu laxe sur le reste de la production, vous adressant à moi par un civil mais inadéquat "cher monsieur", quand vous eussiez fait preuve de davantage d'élégance en introduisant un neutre "cher auteur" ou bien "cher parent inconnu", voir un "chère mademoiselle" qui  eût été plus approprié.

Cependant, trouvant votre missive pleine de justes observations, je pense la publier sur mon nouveau journal, dans une rubrique qui sera baptisée, avec esprit, "courrier des lecteurs".
Je vous enverrai un courriel pour vous tenir au courant de la parution de ce courrier plein de mérites biographiques.

Cordialement Kenavo
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Lady Mond si tu nous regardes, PARDON.

Posté par MeryllB à 15:59 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 mars 2009

du pré-wrap à fromage

Bon ami lecteur, regarde-moi ça, ça fait même pas deux mois et JE REPOSTE.
(c'est la riposte)
(pouet pouet)
(se reporter à la note du 26 Avril 2008 pour plus de détails concernant l'usage du pouet pouet sur ce blog)

Diste-donc, à part Mogador, avec qui je suis liée quasi par les liens du sang si tu considères que grâce à nos activités conjointes ce qui nous coule dans les veines tend plus vers le gewurztraminer que vers les thrombocytes, (et là je peux te garantir que si jamais quelqu'un fait une recherche sous google avec les mots-clefs "gewürztraminer" et "thrombocyte", cette page sera la SEULE a apparaître), à part Mogador donc, on peut pas dire que ça se soit beaucoup piétiné au portillon pour laisser tes commentaires débiles habituels. Sauf Ailuro et Tarmine, car Ailuro et moi nourrissons sensiblement les mêmes rapports si tu penses chouchenn plus que gewurztraminer, et Tarmine reste et demeure la marraine à Chocolat, certains bienfaits sont certains de se voir récompensés dans l'autre monde, ou même dans celui-là, attend un peu que je rentre dans ma Bretagne, tu vas la voir la grosse bouteille de saké. (oui Ailuro toi aussi) (cette fois-ci essaye de pas avoir d'accident avec la pipette en tentant de vermifuger le chat) (si tu passes la soirée aux urgences à plat ventre avec un mec armé d'une pince derrière toi qui tente de récupérer l'objet le saké va te passer sous le nez)

Pour les autres, je vois je vois, il suffit que je prévienne que ya pas de buffet et tout le monde détale sur marmiton.org comme des petits lapins aux pruneaux, y reste plus personne sauf le Trésor Public, mais je te raconterai pas mes menus soucis de cotisation retraite, dis-toi juste qu'au Japon c'est pas le petit livre rouge, c'est le petit livret bleu qui contient la sagesse des générations précédentes (et surtout leur fric) et si tu l'as pas t'es foutu, FOUTU.

Adoncques.
Je te cache pas que mon boulot n'a pas changé, je suis toujours en train de faire la cariste à pied dans un entrepôt à température ambiante, si tu pars du principe que la température ambiante est la même dans la chambre froide d'un restaurant tartare. Je dis bien cariste à pied car j'arrive déjà à provoquer des accidents avec le chariot à bras normal, je voulais passer le permis chariot élévateur afin de nuire davantage mais on a pas voulu me laisser faire.
Car moi, je suis un peu le ben hurle du picking cart. Là où moi et mon chariot on passe, les orteils trépassent dans un bruit d'agonie et une odeur de caoutchouc fondu.

D'ailleurs c'est sûrement à ça que je dois la promotion qui vient de me choir dessus un peu comme la bonne nouvelle de type visite surprise de belle-maman : je suis maintenant manager du pre-wrap. Et là tout le monde, enfin Charlotte et le Trésor Public, de s'exprimer dans un bel ensemble : qu'est-ce que le pre-wrap? (imagine-le avec la voix de Van Damme sinon c'est pas drôle). Bon je commence tout de suite par dissiper un malentendu : le pré-wrap, ce n'est pas l'univers musical français d'avant NTM. Ca n'a même rien à voir avec la musique. Ou avec une quelconque forme d'expression artistique que ce soit. A moins d'être un réalisateur de cinéma de propagande soviétique, mais moi je te cache pas que mon équipe se rapproche plus du radeau de la méduse que du cuirassé potemkine. (là j'avais voulu te faire un jeu de mot sur "cuirassé potemkine", mais "cuit racé pote équine" ça devenait trop dur à replacer, je suis pas les fatals picards non plus)

Donc sans faire davantage durer le suce-Spencer, je te livre le secret du pré-rapping dans toute sa complexité : d'abord tu déballes le portefeuille en cuir de vachette. Puis tu ouvres le portefeuille en cuir de vachette. Tu extrais le mode d'emploi francophone du portefeuille en cuir de vachette. Tu ajoutes le mode d'emploi nipponophone. Tu remballes le portefeuille en cuir de vachette.[1] Tu recommences. Beaucoup, BEAUCOUP de fois.

Inutile de te dire qu'après avoir vu défiler des larfeuilles toute la sainte journée, tu te sens des envies un peu étranges, comme de mettre un CD de De Palmas et faire des trous en forme de louis vuitton dans la prochaine vachette que tu vois par exemple. Et moi je suis donc manager de cette opération fondamentale. En gros ça veut dire que tu es celui qui court au cul des collègues managers pour leur expliquer que non, prérapper trois mille pièces toute seule tu peux pas faire, zyva fais pas ta pute, prête-moi Jean-Pierre. (ou Tanaka dans le cas qui nous occupe).

L’autre avantage fondamental c’est que je participe aux réunions de managers. Oh le fun. Je rappelle à toutes fins utiles que je suis dans le trou du cul du fin fond du Kansai dans la banlieue d’Osaka, déjà il faut que j’arrive à comprendre ce que les collègues racontent, c’est pas gagné. Tu revois ta Taty Moustache auvergnate qui gâtouille à l’épiphanie ? Bon voilà, pareil. Mais en jap. Etant donné que les problèmes nous pleuvent dessus comme giboulée en Mars, ya moultes choses dont j’aimerais parler, mais pour ça il faudrait que les réunions aient lieu, et mes collègues ont une façon bien à eux de combattre l’erreur système et les défauts de formation des utilisateurs, laquelle consiste à aller fumer une clope dans la salle de pause, en comptant sur saint Marcelin patron des caristes pour arranger le coup pendant leur absence. La riposte face aux problèmes est aussi bien de chez eux : au lieu d’aller taquiner le système ou mettre en place un plan de formation pour que les gens apprennent à s’en servir, ce qui est une idée dangereusement proactive, on va faire venir tout le monde à 8h du mat, les faire bosser jusqu’à minuit, et leur sucrer leurs jours de congé. Ben oui tu comprends bien, on a pris du retard, c’est leur faute ils ont qu’à pas faire d’erreurs. Ca me donne des envies de monter une cellule locale de lutte ouvrière ça. Sauf que comme les syndicats au Japon servent à faire du contrôle qualité et non pas des grèves, au final on bosserait jusqu’à deux heures du mat et non plus minuit.

Il faut savoir qu’au Japon, tous les problèmes de management, d’organisation et autres incompétences ont une solution bien simple et universelle : faire bosser les gens plus, et plus longtemps. Etant donné que le salarié japonais de bas étage a) est payé au lance-pierre et n’a que les heures sup pour mettre du beurre dans les épinards b) fait des heures sup depuis l’école primaire et en a fait un style de vie, son way of liiiife (là tu imagines la voix de Franck Dubosc s'il te plaît) le système perdure et tout le monde est content. Je fais donc un peu mon Amélie Nothomb de l’entreposage en ce moment, j’ai même le manager vicieux en option, tout comme dans le bouquin, sauf que le mien y’est est pas très très agréable à regarder, je ne peux donc pas me perdre dans la contemplation de la beauté pendant qu’il déchaîne la colère des kamis sur ma tête, juste à la rigueur me venger en ayant des pensées mesquines sur ses oreilles décollées.

Jvais l’écrire mon putain de roman. « Stupeur et chargement », que ça s’appellera. Et pour m'assurer la masse du lectorat, y aura une scène de cul sur un chariot élévateur, et un buffet.

 


 

[1] Je n’ai jamais bien compris l’intérêt de cette opération. Mon emploi actuel repose sur un vaste malentendu qui donne à croire que les japonais ont besoin d’un mode d’emploi pour comprendre le fonctionnement de la fermeture éclair sur leur larfeuille. En même temps, s'ils avaient réellement des problèmes avec les fermetures éclair, ça expliquerait beaucoup de choses sur le taux de natalité japonais en chute libre si tu élargis le champ de réflection aux braguettes de pantalons.

Posté par MeryllB à 15:13 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 février 2009

Osakamse les couilles

(oui moi aussi je peux faire Eric et Ramzy si je veux)

Bon ami lecteur, je vais plus faire la blague sur la poussière qui a fleuri, les fleurs de cerisier qui ont tombi, le pain qui a moisi et le litron de chouchenn qu'est descendi, parce que rendue à quasiment un an d'absence, j'ose plus.
J'en suis même presque à espérer que t'es allé te faire mettre ailleurs chez la concurrence et que personne ne sera là pour m'accueillir sur le pas de la porte avec le rouleau à pâtisserie et les bas qui plissent, en gueulant un truc du genre "c'est cette année-ci qu'tu rentres?".

Bon je te cache pas que si je reviens, c'est pas uniquement parce que tu me manquais atrocement.
C'est qu'en ce moment j'ai du temps.
J't'explique tout de suite pourquoi : l'année passée, j'ai passé quelques mois excitants comme un épisode de Derrick qui gratte  un tac au tac au PMU. Ce furent des mois occupés à donner mes larmes, mon sang et ma santé mentale à l'Entreprise, laquelle s'en foutait comme de son premier licenciement, est arrivé le moment où fallait plus en douter, c'était pas uniquement de ma faute ni de celle de l'Entreprise, mais on était pas vraiment faites l'une pour l'autre, tu sais comment c'est, tu commences par être super pote avec jacotte ta nouvelle binôme au cours de biologie quantique et vous vous y entendez comme lardons en poêle quand il s'agit de faire les oursins avec le bec bensen, mais bon à force de toute cette promiscuité et cette odeur de sourcils grillés, au bout d'un moment c'est forcé, jacotte a plus la cote. Donc les larmes ils ont bien vu que c'était pas des vraies et que je voulais juste des vacances, le sang ils en ont bien voulu, mais juste un échantillon pour l'examen médical, et la santé mentale, après tout ce que j'ai fait subir à la photocopieuse ils avaient déjà compris que c'était pas du bélouga gros grain.
Donc voilà, je te fais un condensé de l'entretien fatidique avec le gros patron allemand :
LUI . t'es là depuis deux ans, tu fais moins de volume que tes collègues. Explication?
MOI : c'est pas si mal, ya six mois je savais pas encore en quoi consistait le boulot.
LUI (commence à s'étrangler) : t'es pas japonaise mais tu taffes en japonais dans un domaine où tu comprends rien, on se demande comment t'as réussi à te faire engager.
MOI : J'ai vu de la lumière, chuis rentrée.
LUI : ... Charrette.

Donc inutile de te dire que lorsque le patron de la division d'en face arriva en pleurant qu'il avait besoin de gens pour Osaka et que personne voulait y aller, mon patron s'est pas fait prier. Là aussi, condensé de leur conversation :
LUI : t'as pas des gens dont tu veux te débarrasser? Il nous en faut pour déporter à Osaka.
Mon patron : J'AI.
(toute ressemblance avec le départ des bagnardes françaises pour repeupler les colonies de Guyane est fortuite ça va sans dire).

Donc me voilà, sous quinze jour, emballée et expédiée à Osaka pour bosser dans un entrepôt où on pourrait garder la bière au frais si on avait pas peur qu'elle gèle.
J'ai essayé d'arranger le coup en vendant l'affaire à papa et maman comme un déménagement vers l'AUTRE grand centre du Japon, une formidable expérience humaine et culturelle comme personne n'en a jamais vécu, à part peut-être Amélie Nothomb ou les sociologues de l'extrême, mais eux ça compte pas parce que Amélie Nothomb elle est maso et les sociologues, ils sont sociologues.
Inutile de te dire que papa et maman se sont pas trop laissé rouler dans la farine et que papa s'est contenté de me dire qu'y avait intérêt à ce que je me retrouve pas seule armée d'un crochet face à une troupe de dockers imbibés.
Mais j'ai été inflexible et j'ai bien tout expliqué, papa les dockers c'est sur les docks, dans les entrepôts on appelle ça des caristes.
D'ailleurs j'ai décidé d'en faire un film éponyme avec une chorale dedans. Je vais écrire à Jugnot pour lui proposer un rôle, y a de la thune à se faire.
Bientôt dans ton écran youtube : "les caristes", avec gérard jugnot dans le rôle d'une caisse de bière gelée.

(ah oui, j'ai oublié la photo)
Comme j'en avais pas je te mets un lien.
pourquoi le joker n'a jamais craché le morceau sur la greluche et l'avocat en patchwork

Joyeux noel ami lecteur

Posté par MeryllB à 17:01 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 avril 2008

Kung Fu mas(pira)teur 2 : l’attaque de la poubelle fantôme

Cher

ami lecteur

 

J’ai vu que tu m’avais laissé des tas de commentaires utiles sur là où j’aurais pu égarer mes clefs, y avait des endroits un peu inédits quand même, ça m’a laissé entendre que soit tu as une sexualité extrêmement complexe, soit toi aussi tu accuses salement le cinquième verre, d’une certaine façon je serais rassurée, on serait donc quelques-uns sur cette Terre à ne pas se louper quand on se fout minable.

Bon ceci étant dit, j’ai retrouvé mes clefs au bout du compte, même si pour ça j’ai dû faire le ménage, c’est te dire si j’en étais réduite aux extrémites les plus reculées. Inutile de préciser que maintenant les clefs je dors AVEC, je me douche AVEC, et d’ailleurs je les range dans un endroit où que je sais toujours où elles sont (Charlotte voit où je veux dire).

Voilà, bon ça c’est fait, on disait quoi déjà...

 

Ah oui, Kung Fu master 2. Oui parce que mon aspirateur n’aspire pas que la poussière. Il aspire à devenir un grand maître de kung fu, aussi.

(pouet pouet)

(oui à partir de maintenant je te signalerai les passages drôles à l’aide d’un pouet pouet bien placé. J’ai des moyens technologiques de pauvre et j’ai trouvé que c’était plus simple que d’insérer un podcast de rires enregistrés, pour un effet sensiblement égal[1])

 

Alors samedi dernier, pendant que j’étais en train de passer l’aspirateur dans la cuisine avec la célérite qui me caractérise en toutes choses de ménage[2], j’ai avisé de la poussière qui croyait me la faire en se planquant derrière la poubelle de déchets combustibles, l’innocente. Je tentai donc de la forcer hors de sa cachette en soulevant l’arrière de la poubelle à l’aide du manche de l’aspirateur qui fit levier. La poubelle, probablement indignée de se voir ainsi imposer les derniers outrages par le manche d’un aspirateur auquel elle n’avait même pas été présentée, se rebiffa et me fit choir vers l’avant à l’aide d’un low kick balayette rotatif superbement maîtrisé malgré une flagrante absence de jambes.

(si tu ne sais pas ce qu’est un low kick balayette rotatif, je te mets un image pour que tu comprennes mieux regarde)

martine_tente_un_low_kick_balayette_rotatif

Donc je chus. Le coin de l’évier en métal, qui n’attendait que ça car il devait fricoter avec la poubelle depuis un moment, en profita pour venir violemment à la rencontre de mon arcade sourcilière. Vaincue par la coalition poubelle/évier/aspirateur, je tombai à genoux et restai un instant accroupie sur le sol en me demandant si mon oeil droit serait à nouveau capable de voir un jour ou bien si je verrais tout en deux dimensions pour le restant de ma vie. Je me demandai aussi si ca me gênerait beaucoup pour chasser le mulot car le chat qu’il me reste ne chasse plus guère depuis qu’elle est borgne, et aussi si Le Pen accepterait de m’envoyer quelques bandeaux à condition que je demande gentiment vu que maintenant qu’il a un oeil en verre, il s’en sert moins. Fort heureusement après avoir un peu du le siiiispense, mon oeil daigna s’ouvrir, ou du moins il fit ce qu’il put pour s’ouvrir sous un hématome qui enflait plus vite qu’un chanteuse de pop américaine sous cortizone.

Il faut que je t’explique, ami lecteur, que toutes les blessures que je me suis faites sont toujours immanquablement issues d’accidents ménagers ôtant toute noblesse à la cicatrice, tu vois un peu l’ironie de la chose, t’as mal et en plus tout le monde se fout de ta gueule. Non parce qu’un gros coquard récolté en faisant le ménage tu admettras que c’est un peu ridicule. Par contre si tu expliques qu’un mec s’est introduit chez toi dans l’intention de piquer l’argenterie sauf que comme y en avait pas, il a essayé de violer Jazz à la place, et que toi tu as pris un gros pain dans ta yueule en tentant de défendre la vertu de ta colocataire, la tout le monde pleure pour toi. Alors que je m’escuse mais le bleu est exactement le même, hein. Je trouve ca dégueulasse.

En tous cas, malgré de jeunes années passées a cavaler sur des poneys efflanqués un peu cons et une pratique assidue de l’aie qui douille, ni les poneys un peu cons ni le Terminator du tatami ne m’ont jamais cassé, déboîté ou d’une manière générale hématomisé quoi que ce soit. Par contre, pour ne te citer que quelques exemples, je me brûle les épaules au second degré sur des lampes de chevet, je m’empale le menton sur des vaporisateurs décapsulés (en cette dernière occasion maman, qui est une femme sans chichis, me recousit elle-même avec son kit de couturière qui servait d’ailleurs essentiellement à ça plus qu’a repriser les chaussettes), et j’entretiens des relations conflictuelles avec mon équipement électro-ménager.

Je crois que je vais commencer à déléguer toutes les taches ménagères a Jazz, car après analyse de la situation je pense que seules cette mesure de sécurité draconienne me permettra de survivre jusqu’à Noel prochain.

Mais tu vas voir qu’elle va pas vouloir, encore.



[1] Tu admettras en effet que ce jeu de mots ne meritait pas un podcast pour le signaler

[2] Je pars du principe que si le mouton de poussiere a eu l’intelligence strategique de se planquer sous le meuble, il a merite de vivre jusqu’au prochain passage de l’aspirateur, c’est a dire longtemps. Si il y a tentative manifeste de dissimulation, c’est-a-dire qu’il se trouve pas trop loin d’une surface couvrante de type tapis/armoire, je considere que ca va aussi.

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29 mars 2008

Le samedi, c’est Nostradamouskouri

Bon alors ami lecteur, j’imagine bien que t’en reviens pas de me voir déjà revenue, depuis le temps tu t’étais habitué aux toiles d’araignées, tu trouvais même ça réconfortant car, ainsi que feu ma grand-mère, tu as compris que les araignées c’est bon signe, ça veut dire que ta cave est sèche. Je te le dis tout net et je m’en fous si je passe pour une grosse chochotte et que tu vas te moquer de moi et mettre du sable dans mon pantalon la prochaine fois que j’irai jouer au square, mais moi je préfère la serpillière à l’épeire. Enfin bon c’est pas la raison pour laquelle je redonne un peu de vie à ce blog. Non la raison pour laquelle tu me vois déjà revenue, c’est que j’ai perdu mes clefs. Tu vois pas le lien, pas encore, c’est normal, j’ai pas encore expliqué, remonte pas d’un paragraphe pour voir ce que t’as loupé c’est pas la peine. Sauf si tu te demandes ce que c’est qu’une épeire, là tu peux, mais je préfère t’avertir que c’est pas avec mes histoires de serpillière que tu vas comprendre mieux. Bon je te mets une photo du coup :
large_haudron_collider
(épeire diadème domestique)

Donc oui, si tu veux, mes clefs ont disparu dans cte saloperie de trou noir dans la cinquième dimension qui existe entre le moment où tu rentres bourrée et celui où tu te réveilles le lendemain. Je me suis donc réveillée ce matin dans mon propre lit, toute seule et avec ma culotte toujours sur moi, et comme un malheur n’arrive jamais seul, en plus j’avais pu mes clefs.
Parties. Disparues. J’ai tout essayé, j’ai même tenté d’invoquer les esprits, ils m’ont expliqué pour le linceul de Turin et le meurtre de Kennedy mais pour mes clefs ils sont pas sûrs, qu’ils ont dit. Même Nostradamus n’a rien écrit sur les clefs perdues, on se demande à quoi il sert celui-là. Du coup j’ai essayé de les retrouver manuellement. J’ai cherché partout, vraiment partout. Oui Charlotte même dans mon cul, eh ben tu me crois tu me crois pas, point n’y sont-elles. Par contre j’ai retrouvé le tractopelle que je t’avais emprunté à Noël dernier, là, faudra que je te le rende.
Donc voilà, pas de promenade printanière sous les cerisiers en fleur bière au poing, pas d’empiffrage de gyoza dans le petit rade d’aspect prometteur repéré un peu plus bas dans ma rue, je suis coincée à la maison comme un hikikomori de bas étage. Et comme c’est le nouveau mot qui va tomber au prochain mot croisé, je préfère t’éviter la rupture d’anévrisme ou la rupture sentimentale pour cause de stress aggravé en t’expliquant tout de suite qu’un hikikomori, c’est un Japonais qui ne sent pas très bon et qui reste enfermé chez lui tout le temps. Il se nourrit des plateaux repas que sa mère, femme au foyer dévouée, dépose devant la porte de sa chambre. De temps en temps il sort pour se rendre aux gogues, encore que certains cas extrêmes d’urination dans les cabinets de toilette aient été reportés au sein des populations masculines. Eh ben voilà, d’ici ce soir je vais me mettre à pisser dans le lavabo tu vas voir.

Bon, comme j’avais rien de mieux à faire et pas encore envie de pisser, j’ai commencé à lire les infos sur le Ternet en attendant que Jazz rentre. J’ai commencé par me la raconter science et découverte, tu vois, moi je m’intéresse à la théorie du big gang bang, aux accélérateurs de particules et aux quarks express, mais bon rapidement j’en ai eu marre de faire semblant de comprendre et de toutes façons, si jamais l’espère de gros machin apocalyptique Large Chaudron Co-leader price, là, il fait exploser la Terre, j’espère qu’il le fera avant le renouvellement de mon bail, parce que ça me ferait drôlement mal au cul de me faire racketter à nouveau une prime de logement par mon proprio au moment de renouveler mon contrat si c’est pour pas en profiter, et s’il pouvait être bouffé par le trou noir une seconde ou deux avant moi que j’en profite pour ricaner, merci.
Donc du coup je me suis penchée sur un événement autrement plus important, et aussi plus de mon niveau intellectuel, j’ai nommé le buzz Cindy Saunder. Je sais pas pourquoi on l’appelle Buzz, j’imagine qu’elle est vive comme l’éclair. Encore que pas trop à ce qu’il paraît. Après avoir lu ça et des tas d’autres horreurs sur son compte, que c’est une fausse blonde notamment, ça m’a donné envie de l’entendre chanter tu penses. Moi aussi j’aime chanter dans ma douche, je me sentais donc très proche de son combat. Quinze minutes de téléchargement poussif sous youtube plus tard, durant lesquelles j’ai en vain cherché si les clefs étaient pas derrière les chiottes des fois, j’ai pu assister à une émouvante interprétation de « underneath your clothes » de Shakira où la phrase « there’s my territory » devenait « there’s my chewy chubby », le tout accompagné de précieux conseils chorégraphiques prodigués à coups de reins démonstratifs par son mari. Et franchement malgré l’accent qui donnait un petit côté du terroir mosellan et les coups de reins conjugaux je me suis dit qu’elle est pas moitié si pire que ce qu’on veut bien en dire.
Si tu vas sur les vidéos dont je te ne donnerai pas le lien car j’ai la flemme de les retrouver et que j’ai déjà regardé dans la poubelle de la salle de bains si les clefs y étaient pas, donc j’aurais rien à faire pendant le téléchargement, tu verras une assemblée de stars bien maquillées, dont Lio et, j’en fus fort marrie, Juliette Binoche, redoubler d’humour et de subtiles plaisanteries sur le compte de Cindy Saunder en parlant notamment des « festivals de merde », ceux où on te met « entre une vache et un retourneur de crêpes ». Déjà comme je viens de la campagne, je trouve cette plaisanterie pas très charitable, surtout pour la pauvre vache. Finalement, j’ai trouvé que la personne qui se rendait le plus ridicule, là-dedans, c’était pas cette brave chanteuse de balluche qui, avec un bon manager qui lui apprendrait à se mouvoir et à ne pas gesticuler comme une danseuse de techtonik sous acide, pourrait même nous sortir un CD que tous ceux qui pensent que Jennifer est une grande artiste achèteraient sans problème. Non, les vrais minables dans l’histoire, c’étaient plutôt ces fins commentateurs qui se font jouir en débinant allègrement tous en chœur sur le compte d’une tierce personne. T’as un peu l’impression d’être de retour à l’époque du collège où Camille, la fille-la-plus-populaire, racontait à ses copines-populaires que Jacqueline, la petite boulotte à lunettes, elle l’avait vue à poil dans les vestiaires et qu’elle avait un *super gros cul*. Et tout le monde de ricaner. Finalement, ce qu’on retient, c’est pas trop le gros cul de Jacqueline. C’est le petit ricanement mesquin de Camille et de ses copines quand elles regardent Jacqueline passer en pantalon serré.

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22 mars 2008

kimuchi dans les bottes

Cher ami lecteur

 

 

Voilà un moment que tu me croyais perdue dans la pampa coréenne, peut-être même que les plus délurés d’entre toi m’imaginaient kidnappée par les coréens du nord et intégrée de force au harem de Kim Jong Il, avec qui j’étais forcée de faire des tas de saloperies a base d’introduction de kimuchi dans des endroits inédits.

kimuchi





(kimuchi)










 

endroits_in_dits





    (endroits inédits)












Eh ben trop pas, ca fait trois semaines que je suis revenue, même.

J’ai juste été LEGEREMENT occupée.

On n’a toujours pas l’internet dans le nouvel apart, mais on suce en toute impunité[1] le Wi-Fi du voisin alors ça va, on a encore une fenêtre ouverte sur le monde. Et il nous faut bien ça parce que question fenêtres ouvertes, le nouvel apart, on dirait un peu la prison de la Santé vois-tu. C’est pas qu’y en ait pas, de fenêtres, hein. On voit bien qu’il y a des ouvertures astucieusement pratiquées dans les murs, et on les sent bien surtout parce que question double vitrage, les japonais ont rien appris depuis l’invention de la meurtrière au moyen-âge. Ils ont bien compris le principe de la fenêtre qui permet de SORTIR des choses, souvent violemment à l’aide d’une arbalète, mais en revanche ils ont plus de peine avec le principe de la vitre qui empêche les choses de RENTRER. Donc il y a un trou, on le voit, on sent bien le vent qui passe mais de lumière, point. Ca doit être parce que notre malheureuse bâtisse de deux étages est entourée de buildings gigantesques qui se la ramènent avec leurs 25 étages de plus que nous. Si y a un tremblement de terre, j’aurai même pas le temps de me demander si vraiment c’ était une bonne idée d’aller se fourrer dans un immeuble construit en 1973, car avant de mourir écrasée sous la baignoire de mon voisin du dessus, je périrai embrochée par l’élevage d’antennes télé qui dépassera du toit du gros building de 45 étages trois blocks plus loin lorsqu’il s’affaissera comme un flambi, mais un vraiment gros flambi, écrasant tout le quartier, et ce malgré une construction datant de 2007. Remarque, il est toujours possible qu’il s’écroule en même temps que le building d’en face, ça ferait comme un château de cartes, ça serait rigolo mais j’aurais pas l’occasion d’en rigoler longtemps.

Donc voilà tu le vois, j’ai déménagé dans l’immeuble de mes rêves, avec une douche qui a l’air d’avoir été installée avant la seconde guerre mondiale, en même temps ça rassure, un bâtiment qui a survécu aux bombardements américains survivra à tout, j’ai juste un peu peur que le réchaud à gaz m’explose à la gueule à chaque fois que je tourne la manivelle pour allumer le chauffage. Il va sans dire que je suis endettée jusqu’à la moelle épinière car ces salauds de yakuzas qui gèrent l’immeuble m’ont déplumée comme une dinde américaine lors du thanksgiving de la paroisse, et qu’en plus j’habite dans un quartier de luxe ou il n’y a guère que les vieilles peaux tannées aux UV qui peuvent se permettre d’aller dîner, d’ailleurs elles y vont en Porsche et elles cèdent pas la priorité, demande à Hisashi qui a conduit pour déménager les meubles le weekend dernier, il t’expliquera ce qu’il en pense, des vieilles putes en Porsche. Mais je te conseille de faire sortir les enfants d’abord.

Et là la question que tu brûles tous de me poser ami lecteur c’est : mais ma grosse, qu’allais-tu faire en cette galère?

Déjà pour commencer, c’est pas une galère. Quand même pas. C’est un T3.

Ensuite je te permets pas de me traiter de grosse.

La raison de mon choix, vois-tu, c'est un atout majeur. ZE atout imparable. A part les tatamis, le voisin métissé Indien Japonais chaud comme une barraque a frites et le rapprochement géographique des pétasses décolorées de Harajuku chères a mon coeur, je veux dire. Je le donne dans le mille feuille, Wong : cet apart me permet de dormir une heure de plus tous les matins car, gros malin comme je suis, j’ai tout de suite repéré qu’il était à deux stations de métro de mon dojo d’aïe qui douille! Donc à partir de dorénavant, pour être pareil en retard le matin et arriver au milieu de l’échauffement et me faire faire les gros yeux par Terminator sensei, celui à qui il faut pas chier dans les bottes, juste avant qu’il m’oblige a faire des pompes parce que j’ai encore merdé et que j’ai fait planter toute la classe, avant toutes ces réjouissances donc, JE PEUX DORMIR UNE HEURE DE PLUS.

Enfin ça c’est la théorie.

Parce que dans la pratique, pour l’instant, Jazz la nouvelle coloc et moi partageons la même chambre faute de chauffage, et Jazz a une tendance à rentrer bourrée au milieu de la nuit, et l’alarme à incendie a se déclencher à deux heures du matin sans raison, comme ça, pour faire le con. Donc l’un dans l’autre l’heure de sommeil a vite faire de partir en fumée quand tu en passes la moitié à t’engueuler avec les pompiers qui t’accusent d’avoir appuyé sur le bouton de l’alarme par pure malveillance, et l’autre à surveiller Jazz, des fois qu’elle irait te piétiner ou pire, te vomir dessus.

 

Mais un jour, un jour je dormirai toute mon heure de plus.

J’ai le droit, je risque tous les jours de me faire exploser avec la chaudière à gaz pour ça merde.

 


 

[1] Pour faire plaisir à mon lectorat de longue date, je me dois de poursuivre la running joke qui anime ce blog depuis trois ans en ajoutant « et d’ailleurs c’est bien la seule chose que je suce en ce moment ». Voilà je l’ai faite ma blague dégueulasse t’es contents ?

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17 février 2008

asta le visa, baby (1)

Cher loulou

 

Je te préviens tous que je vais pas être là pendant deux jours mais vu que je peux disparaître deux ou trois mois sans que ça t’en touche une ni que ça fasse bouger l’autre, c’est plus histoire de dire que si je reviens plus jamais pour de bon, c’est pas parce que j’ai fini par convaincre Takeshi Kaneshiro que ça fait des années qu’il est amoureux de moi, mais qu’il ne s’en était pas rendu compte car il avait étourdiment oublié de me rencontrer.

Non, si je reviens pas c’est parce que je me suis faite bouffer dans un ragoût de chien. Ou que je suis au fond d’un lit d’hôpital coréen avec les quatre membres brisés.

 

Oui parce que grâce aux indications précises et éclairées de mes amis du bureau d’immigration de Tokyo (« pour obtenir votre visa de travail, il n’est pas nécessaire de sortir du pays mais il serait néanmoins conseillé de sortir tout en ne sortant pas »), je fais un voyage éclair en Corée, c’est pas le moment, j’ai pas le temps ni la thune et en plus en hiver dans ce pays de sauvages on se pèle le jonc, là je suis occupée à taper alors je peux pas claquer des doigts, mais tu sais sûrement qu’à Pyonyang y a des gens qui meurent, clac, et dans une minute tu te rappelleras de claquer à nouveau des doigts si tu veux bien parce que y en aura un autre qui sera mort entre temps, clac voilà, si tu as la télé et que tu regardes les campagnes de sensibilisation qui passent en même temps que les pubs pour vendre les tickets des concerts des Enfoirés, tu vois très bien de quoi qu’est-ce que je cause.

Donc oui, j’ai pris un billet d’avion pour la Corée, pour deux jours, et comme le package le moins cher c’était un tour de personnes âgées, je vais faire le tour de la ville dans un bus à aller regarder les temples les plus connus par la fenêtre ainsi que la grande Porte du Sud, un peu leur tour Eiffel à eux sauf qu’elle a brûlé, mais comme ils n’allaient pas changer le programme du tour on va quand même aller voir les ruines fumantes, je te ramène des photos et un peu de kimuchi.

Oui parce que parmi les délicatesses culinaires coréennes qu’on ne présente plus, y a pas que le chien et le poulpe au vinaigre hein. Y a le kimuchi. Si tu veux savoir ce que c’est tu demanderas à Yumika, rappelle-toi qu’elle aime cuisiner de l’ail à deux heures du mat et ça te donnera une idée de la nocivité de la chose. Le destop ne s’est jamais développé sur le marché japonais uniquement parce que les gens ont remarqué que c’était plus efficace de jeter des morceaux de kimuchi pur dans l’évacuation de leur évier.

 

Mais si tu croyais que les trésors nationaux en ruines, les grand-mères incontinentes et les périls culinaires étaient les seuls dangers qui me menacent de demain à après-demain, ami lecteur, tu te goures amèrement. Ca encore, j’aurais pu m’en tirer.

J’ai survécu aux mémés qui aiment le bowling et voient en la personne des passants dans les rues de Nagasaki une occasion de tenter un strike, j’ai survécu au musée de la bombe avec ses métacarpes humains fondus dans le verre des vitraux, et j’ai même survécu aux restaurants de coin de rue où la graisse qui émane des brochettes (d’anus de porc donc) s’est figée en stalactites noires le long du fil de l’ampoule qui pendouille dangereusement au-dessus des casseroles dans lesquelles le cuistot transpire abondement.

Je me sens donc prête pour la Corée.

Là où je suis moins sûre de mon coup par contre, c’est quand le sensei de mon dojo s’avise qu’il a un bon copain qui fait le sensei dans un dojo à Séoul, et qu’il faut absolument que j’y aille.

Le sensei copain en question là, il parle que Coréen. Alors je vois les dialogues d’ici : « bon alors je te colle un coup dans la gueule et toi tu pares » moi : « qu’est-ce qu’il me veut lui ? …AIE ! » lui « ben pourquoi t’as pas paré ? »

Il était champion de Corée de kickboxing dans son jeune temps paraît-il.

 

Putain je l’aimais bien pourtant ma cloison nasale.


poulpe_donkihote

(chien coréen à tentacules dans son bocal de vinaigre)

(1) : c'est du Coréen et ça veut dire "ton visa, tu peux te le fourrer dans la turbine à chocolat, et bien profond"

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10 février 2008

L’agence (tous risques) d’immobilier

 

(c’est vraiment la dernière chance)

 

Bon ami lecteur,

 

Je te souhaiterais bien la bonne année, mais vu qu’on est déjà en Juillet que ça fait un peu trois ans que je t’ai plus donné de nouvelles, tu vas me dire de me carrer mes voeux là ou, comme disent les astrophysiciens, les règles du temps n’ont plus cours et la matière elle-même cesse d’exister. Oui Charlotte, un trou noir, c’est bien, on voit que t’as fait ingénieur fleuriste. (Et que question trou noir, tu sais de quoi tu causes).

Donc ami lecteur, j’aimerais bien te souhaiter la bonne année, mais j’ai un peu peur de ta réaction à tous, donc je le fais pas. Tu observeras cette fois-ci que j’évite de te resservir le reste des crêpes de sarrasin roulées-fourrées au saumon-crème fraîche/fines herbes que maman n’as pas réussi a écouler a Noël malgré une campagne de promotion très très active, ça fait donc deux mois de ça, tu vois que quand même j’ai pris des bonnes résolutions cette année.

 

Alors je te la fais courte parce que j’ai bien compris que tu as trouvé à polissonner ailleurs et que maintenant quand tu veux des histoires cochonnes avec une photocopieuse, tu t’emmerdes plus à venir ici, tu vas directement sur la page d’accueil d’Epson.

Vite fait, je vais quand même te raconter que pour les vacances je suis rentrée dans ma Bretagne profonde, et que j’ai ramené Yumika et Saiko avec moi.

Je passerai sur les petits-déjeûners-qui soulèvent-le-coeur baguette/foie gras de Yumika et ce moment déchirant lors du départ quand elle a essayé de toutes la force des ses petits poings de faire rentrer dans sa valise déjà trop remplie une boite de chocapics format colonie de vacances parce que des chocapics forts en chocolat comme ça, on n’en fait pas au Japon. Je passerai aussi rapidement sur Saiko quand elle a baladé son bronzage tout frais de retour d’Argentine dans ses mini shorts en plein Décembre et qu’elle avait même pas froid, j’ai bien remarqué que mon petit frère a bien remarqué qu’on lui voit les tatouages qui dépassent. J’ai d’ailleurs trouvé que c’était pas de son âge et j’y ai mis drôlement le holà en filant à Saiko un gros jupon en laine hérité de feue ma grand-mère, la catho. A 22 ans, mon petit frère est trop jeune pour ces choses-là.

 

Le passage chez la Sushi Pop a Genève, je te la fais short aussi parce que je sais que t’es un tas de sans-cœur et que si ça se trouve t’as même oublié qui c’est, mais si tu veux savoir maintenant elle est technico-commerciale dans une boite qui vend des joints, oui parfaitement, faut bien bouffer comme elle dit, alors que les jeunes se droguent à cause d’elle c’est pas son problème, de toutes façons c’est des Suisses donc si c’est pas le problème de Pop, on se demande bien le problème de qui ça va être. Avec les sous elle est en train de préparer une course de ski de fond en Suède, par ailleurs. La majorité des gens se mettent les sous au chaud sur un compte aux îles caïman afin d’avoir de quoi couler des vieux jours paisibles au cas ou, au hasard, leur banque viendrait a perdre une fortune dont la leur dans les subprimes et les traders ineptes. Mais sushi Pop, qui aime vivre dangereusement, non seulement elle se fait payer en francs suisses, mais en plus elle claque sa thune dans des courses de ski de fond en Suède. Qu’elle vienne pas pleurer quand elle sera SDF et qu’elle se pèlera le cul dans son carton à côté du gros jet d’eau du centre ville.

 

Donc voilà, je t’ai raconté mes vacances, rapide. Mais en fait au départ j’avais deux sujets de fond de slip dont j’aurais voulu t’entretenir, pour la nouvelle année.

Et attention, les deux c’est du balèze hein. Du vrai sujet d’article de fond pour journal engagé, genre Podium magazine voire même Chasse, Pêche et Tradition.

Je te balance le premier, tu vas voir que je déconne pas :

 

le racimse au japon.

 

(tanlanlan)

 

 Tu vas me dire, ben tiens, parle-moi de la neige en Suède tant que t’y es, ou bien de la liposuccion et Missy Elliot. Oui je sais que c’est pas franchement de la breaking news, mais ça n’empêche pas que pour une fois que je peux la ramener sur un sujet connu en commençant mes phrases par « j’y étais, j’ai tout vu », tu penses si je vais me priver.

Pour la liposuccion et Missy Elliot bizarrement j’avais moins de témoignages a t’offrir, donc on va faire avec ce que j’ai, et ce que j’ai pour le moment c’est le racimse au Japon, donc.

Mise en situation :

Quand par exemple tu vas dans une agence d’immobilier voir ce qu’ils ont comme appart, parce que c’est pas tout ça mais Yumika se barre en Avril pour habiter au fin fond du trou noir de la banlieue d’Alpha du Centaure, et que tu penses que t’es encore un peu jeune pour aller t’enterrer a 1 heure en RER de toute civilisation, donc tu t’actives pour trouver un appart dans un quartier encore a peu près branchouille, en te disant qu’il faudra supporter les cons de yuppies comme voisins si tu veux avoir un PMU où aller boire ton ballon de rouge le dimanche soir. Bon donc moi et ma bonne copine Kim-san, Coréenne de son état, nous rendons dans une agence avec le projet audacieux d’y dégotter le nouvel appart de notre colocation à venir. Ben oui ch’ten fous, à peine avions-nous jeté notre dévolu sur une turne trois pièces à l’aspect prometteur et avions-nous demandé la permission de la visiter, que le loufiat revenait d’une conversation téléphonique avec le propriétaire pour dire, d’un air pas spécialement contrit parce que bon, c’est pas sa faute non plus, hein, il décide pas : “désolé, cet appartement n’est pas accessible aux étrangers.” Evidemment, d’indignation je manque de faire sauter le noeud papillon de mon string et je fais remarquer à voix très haute à Kim-san, qui reste remarquablement calme, qu’en France on pourrait faire un procès pour ce genre de diffamation ouverte. Le visage du loufiat exprime alors d’une manière presque audible la suggestion : “t’as qu’à y retourner, en France.” Kim-san ajoute alors avec flegme qu’encore j’ai de la chance, j’aurais pu être Chinoise ou pire, noire (le fond du fond de la lie de la race humaine étant probablement incarne par les Chinois noirs). Parce que apparemment dans ces cas-là, si tu veux te trouver un logement un peu plus élaboré que quatre pièces de carton devant l’entrée de la gare d’Ikebukuro, il faut salement banquer. Bien décidées à ne pas lâcher un seul de nos picaillons durement gagnés à des goujats racimstes, nous résolûmes[1] de rester dans l’appartement qu’elle occupe, pour nous entendre dire par le propriétaire qu’il allait falloir compter dessus et boire de l’eau claire ma grosse, eut état à que je suis Française et que Kim est Coréenne.

Y a eu aussi la collègue de travail l’autre jour qui m’a aimablement enjointe à “rentrer dans mon pays”, mais là c’était sûrement affectueux. Y a aussi tous les Japonais d’un certain âge qui, quand ils rentrent dans le rade où j’ai mes habitudes, commencent par tomber en arrêt en s’écriant “ah! Une étrangère!” et par ensuite tenter de me parler en anglais. Si je suis de disposition urbaine et que je réponds en japonais, ils tombent à nouveau en arrêt devant ce prodige de la nature : une étrangère qui parle japonais dis-donc, avec nos neurones différemment connectes et notre matière grise foncièrement inférieure en qualité, il aurait pas cru qu’on puisse. En général le même genre de personnage passé trois verres commence à vouloir essayer de me palper les seins, affectueusement bien sûr, faut pas y voir malice.

Tu le vois, ami lecteur, contrairement à ce qu’Amélie Nothomb a bien pu raconter, le people japonais est dans son ensemble accueillant, ouvert d’esprit, et attentif à ne pas heurter les sensibilités étrangères. Qu’on vienne pas me dire que les étrangers n’y sont pas bien accueillis surtout. Surtout les Chinois, les noirs et les filles avec des gros seins.

 

Bon là ça commence à sentir la conclusion, là tu attends la vanne de fin ou peut-être un jeu de mots pourri pour pouvoir aller pisser…

 

SAUF QUE.

 

Tout ça nous amène au DEUXIEME sujet (tu auras tous remarqué que je reprends mes bonnes habitudes de la note à tiroir).

Mon deuxième sujet chaud chaud bouillant c’est : l’immobilimse l’immobilier à Tokyo. Si tu as un sens de l’humour qui ne sort pas souvent du caniveau, voire du ruisseau tout au fond d’ycelui, et si comme moi tu as eu l’occasion de regarder Groland, tu sais que la crise de l’immobilier, ça consiste principalement à se faire enculer (plus ou moins littéralement) par des agents immobiliers qui te feront payer la peau des couilles plus celle des implants de ta femme pour un taudis. Bon, certes y a pas de crise d’immobilier à Tokyo, et les loyers sont à peu près équivalents à Paris ce qui est indigne mais encore supportable, cependant sois rassuré ami lecteur, les agents immobiliers arrivent quand même bien à t’enculer malgré tout. Dans le paragraphe précédent nous avons observé que la coloc avec une autre étrangère, c’est pas kosher. Je tente donc un nouveau subterfuge : la coloc avec Saiko. Là aussi, moyen glop. L’idée que deux personnes non enchaînées par les liens sacrés du mariage veuillent emménager ensemble, et dans DEUX chambres séparées en plus, ça défrise beaucoup d’agents immobiliers. Saiko, impatientée, finit par leur promettre d’hypothéquer sa mère en guise de garantie. Les agents immobiliers, qui ne prennent ni les collocations ni les PACS, mais qui prennent les hypothèques sur les membres de la famille proche, acceptèrent son offre avec soulagement. Nous allâmes donc d’un pas alerte visiter ce qu’il nous recommandait comme l’affaire du siècle. Je fus un peu surprise de voir que l’agent ne nous accompagnait pas et me demandai comment on allait faire pour ouvrir

la porte

. C’était compter sans l’astuce sans limite de ce jeune homme. Si tu as déjà vu un épisode de Fort Boyard, ami lecteur, tu as une idée assez fidèle de la façon dont se passe une visite d’appartement a Tokyo. Tu commences par déchiffrer un parchemin qui, à l’aide de kanjis mystérieux et d’abréviations codées, te révèle la vétusté du bâtiment, la surface habitable, le nombre de mois de loyer à payer en cadeau au propriétaire[2] et en frais d’agence, le rapport au carré de l’hypoténuse et la proximité de la station de métro (en général cette dernière indication est toujours un gros mensonge). Une fois que t’as décodé les trucs et décidé que c’est correct, il y a une carte alambiquée. Avec du bol, de la patience et un recours extensif aux petites vieilles qui jalonnent ton parcours, tu finis par trouver le bâtiment. Là comme des cons tu crois que t’es sortis d’affaire, tu te détends. Ah! Naïf que tu êtes! C’est pas fini : il faut appeler le vendeur, et te faire indiquer LA LOCALISATION DE LA CLEF. La seule différence avec le père Fourasse c’est qu’il te le fait pas en vers, mais autrement c’est la même idée générale, et j’ai pu observer avec intérêt Saiko tenir son téléphone portable d’une main avec au bout du fil le vendeur qui l’exhortait a “chercher la boîte au fond à gauche”, et plonger son bras avec une mine dégoûtée derrière des tuyaux de chauffage ou se tapissaient probablement toutes sortes d’araignées, afin d’en extraire La Clef. Inutile de te dire que je trépignais d’excitation à côte et que je devais me retenir très fort pour ne pas crier “prends la clef, la clef, FAIS GAFFE A LA TARENTULE, va-y sors, sors on a plus le temps”  

Une fois La Clef arrachée de haute lutte au chauffage central et ses mygales gardiennes, donc, nous pûmes ouvrir la porte, et entrer dans l’appartement sans que qui que ce soit ne nous défie en combat singulier pour avoir le droit de franchir le seuil, ce qui me déçut un peu. Nous vîmes enfin cette fameuse affaire. C’en était effectivement une, si ce n’est que l’appart était un peu cher, un peu petit, un peu sombre et, au final, un peu loin de tout. A part ces menus détails une affaire il te dit le monsieur.

Inutile de te dire qu’arrivé à ce point, tu es désespéré, très en colère contre le monde entier, que tu es bien conscient que le monsieur de l’agence est en train d’essayer de t’enculer à sec, et que la seule agence à laquelle tu veux avoir affaire c’est celle-là :

agence_tous_risques

Comme apparemment ces cons-là veulent bien sauver les jeunes filles en détresse des guerilleros et des maffieux, mais que le monde cruel de l’immobilier tokyoïte fait reculer même Barracuda, on a dû se démerder comme on a pu, c'est-à-dire sans eux mais avec une autre agence, dont la petite nénette ne payait pas de mine, mais elle a fait rendre gorge au téléphone à plus d’un propriétaire qui refusait les étrangers. C’était un peu notre pit-bull à nous, on a remercié sainte Moustache de l’avoir mise sur notre chemin.

Comme en cours de conception du projet Jasmine, une Australienne, vint se greffer chaotiquement dans le rôle de colocataire supplémentaire, il fallait revoir nos ambitions spatiales à la hausse. Pour la suite on tapa donc carrément dans les maisons.

Nous en vîmes une de bien, avec la clef planquée derrière le compteur électrique, des tatamis, trois chambres et un jardin, dans un bled qui commençait à se rapprocher du trou du cul du monde, mais a une distance raisonnable. Les 20 minutes de marche entre la station de métro et la maison dans le froid furent déchirantes, plus d’une fois Saiko dût m’empoigner pour m’empêcher de fuir en pleurnichant pour me réfugier dans les couloirs malodorants mais bien chauffes du métro de Tokyo. Arrivées à la maison, il faisait bien entendu nuit. Armées de nos téléphones portables et de nos fidèles briquets, nous visitâmes donc la maison plongée dans l’obscurité. A part le fait que les tatamis ne puaient pas le moisi, ce qui est toujours bon signe, nos observations furent relativement pauvres. Ah si : je remarquai qu’il s’agissait de la station de métro de mon sensei d’aikido, le pas gentil de la paire, pas le gros nounours, l’autre, celui qui, lorsqu’il te jette sur les tatamis, en tire des bruits de qui ne sont pas sans rappeler le claquement de la pâte à pizza en train de se faire violemment aplatir par un pizzaiolo sous stéroides. Je sais pas pourquoi mais je flippe un peu à l’idée de tomber sur lui au supermarché un dimanche matin quand j’aurai la gueule de bois et mes pantalons de pyjama qui baillent sur le cul.

 

Putain s’il faut que je mette un smoking pour aller m’acheter trois asperges et deux yaourts bio le dimanche matin, je sens que ma vie va prendre un tour stressant.



[1] Si je te jure, j’ai vérifié. Le passé simple de résoudre c’est résolûmes. Comme moudre c’est moulûmes, et découdre decoulûmes. Ah heureusement que je suis là pour t’aider à gagner au scrabble hein.

[2] La vie du chat qu’il me reste, ce truc existe. “l’argent de la clef”, que ça s’appelle. Un paiement qui n’est justifié par aucun frais pour le propriétaire, puisque la clef est la même que pour le locataire précédent. Mais ça lui fait deux mois de loyer en cadeau, comme ça, bonus, parce qu’on est copains.

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30 janvier 2008

A revient

Non mais j'étais partie acheter des clopes.
...
Quoi, des tas de femmes ont été abandonnées par leur mari sur cette dernière phrase, y en a je te ferais dire que ça fait cinq ans qu'ils sont partis acheter des clopes, et que si ça se trouve ils reviendront jamais.
Alors que moi, j'ai juste pas tourné au bon endroit, et ça fait trois mois que je tourne dans le quartier....

Attends je suis en train de te bricoler une note, mes petits lapins, si avec celle-là je t'explose pas la vessie, tu peux commencer tout de suite les championats de fête de la bière à Munich, je mise tout mon fric sur toi tout de suite.

ATTA.

choufleur

(j'ai failli oublier l'image qui sert à rien dis-donc)

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01 décembre 2007

State enemy de pain

(ou : le retour du post long ctb[1])

 

Toi qui fais partie du commun des mortels, ami lecteur, tu crois sans doute comme tout le monde que pour avoir une vie trépidante, pleine d’aventure, de danger, d’adrénaline et de complots, il faut s’appeler Jack Bourre-la-Reine et travailler au CTU, ou au moins à défaut être un parent lointain d’Axel Bauer et bourrer Zazie[2]. 

Eh ben je m’en vais te prouver que pas du tout et que ma vie, si je veux, c’est un épisode de 24, mais en plus palpitant et sans les coupures de pub.

Malgré la tragique disparition de l’empoileur national dans l’épisode précédent, je continue la bataille parce que ces enculés de pouilleurs de factures de la France, faut pas rêver non plus, c’est pas parce que mon Gros a passé l’arme à gauche qu’ils vont arrêter de faire des expériences rigolottes avec le logiciel de compta. « Dis-donc Monique, si on prend un des dossier créditeurs de Tokyo, qu’on leur dit qu’on leur prélève 15 dollars de part de profit mais qu’en fait on leur encule 300 euros par-derrière, tu crois qu’ils le verront ?  -Je sais pas essaye ». Et Monique a bien raison de dire d’essayer, parce que je ne me rends compte du complot qu’une fraction de seconde avant qu’il ne soit trop tard, une heure avant la clôture des comptes pour le mois, et j’arrive à imprimer la facture une minute avant que le programme ne ferme. Ouf, l’Amérique est sauvée.

Mais d’AUTRES périls me guettent. Le Péril Jaune notamment. Tu n’imagineras jamais, ami lecteur, comme le développement économique tentaculaire et sauvage de la Chine est une menace permanente pour mon quotidien. Tiens rien qu’hier, j’ai toujours pas compris pourquoi, mais mes containers de morue en partance de Norvège ont eu tout soudain besoin d’une facturation UWGENTE du Japon, vers la Chine. On n’est jamais tranquilles, hein. Ces enculés de Chinois, quand c’est pas les Coréens du Nord  avec leurs missiles ce sont eux avec leurs trafics qui viennent menacer l’intégrité de notre département import, effectuant un lent travail de sape pour nous faire perdre la confiance du citoyen américain de la ménagère de moins de 50 ans du client acheteur de morue en nous poussant à la faute. Ils n’ont pas eu à pousser très fort d’ailleurs : j’ai toujours pas compris ce qu’il fallait que je fasse, et visiblement l’ordinateur a compris que j’avais pas compris parce qu’il a pas compris non plus. Après une demi-heure de féroce bataille sous le CIEL de Toscane, ma facture sort, complètement en bretzel, j’ai pas fait raquer le bon gars, c’est pas le bon montant, et la camelote ne vient pas de là où elle devrait venir. Le vendeur, à qui ça en touche une sans faire bouger l’autre de savoir qu’on est en fin de mois et que je dois scanner tous les dossiers de mes amis Français pour repérer l’enculade à 200 euros qu’ils ont tentée sur quasiment chaque chargement, parce qu’ils sont joueurs, un peu, le vendeur trépigne pour avoir sa facture à Morue TOUSSUITE. Je te précise qu’il est déjà 21h30, que j’ai 1200 mots à finir pour le nanowrimo à la maison et que je dois tout poster avant minuit, douzième coup de, sinon je perds. Si je gagne je gagne rien mais si je perds je perds ma fierté, ou ce qu’il en reste. Le sempai doit lire dans mon regard meurtrier mon intention de beugler au vendeur d’aller se faire mettre avec un ananas monté sur un manche de pioche, parce qu’il prend les choses en main. Depuis qu’il est amoureux, le sempai est drôlement réactif à la souffrance autour de lui, c’est devenu un peu la Mère Thérésa des bidonvilles de la photocopieuse. Ainsi donc, pour sauver mon honneur, celui du département, le pontage du vendeur et l’Amérique, le sempai empoigne la facture, une feuille de papier officiel, et à l’aide d’un astucieux procédé requérant l’usage d’un équipement hautement technologique (des ciseaux, un pot de colle et un fax), le sempai me bricole un FAUX. Oui tu as bien entendu, maintenant qu’il baise, le sempai est devenu l’Arsène Lupin du container de morue, et lui qui ne volerait pas un carambar, il est en train de me fossoyer une facture pour 600 dollars. Si le client ne sait pas que la facture est un faux et que la somme est juste, après tout, personne ira vérifier ce que j’ai foutu avec les données hein. Je suggère de tenter l’enculade à 200 euros pour me venger sur quelqu’un, mais le sempai fait les gros yeux, et je comprends que c’est pas une bonne idée. La facture finalement pipeautée et remise au vendeur par le sempai qui a les doigts qui collent, je peux me concentrer sur le finish de mes dossiers de la France. Mais comme chez Axel Bourre-la-Reine qui ne se repose jamais, ne fais jamais pipi et n’a jamais le temps d’en griller une entre eux attentats, au moment où j’ouvre le logiciel de compta, un mail crypté m’arrive du troisième étage.

Je crois avoir mentionné plus tôt que, bien que la langue de communication dans ma boite soit l’anglais, la plupart des Japonais qui y bossent le maîtrisent avec toute la fluidité d’un élève de CM2 en activité d’Eveil. Je dis rien, mon japonais ne casse pas des briques de lait de soja non plus, mais inutile de te dire que quand tu as en face de toi une collègue japonaise qui doit avoir des gènes corses vu son ouverture d’esprit, qui bosse comme une pine d’âne et qui en plus préfère te téléphoner plutôt que de t’envoyer des mails quand vous ne vous comprenez pas, là t’es dans la merde. Tu vois l’épisode de 24 quand il tente d’extorquer des informations à la copine Mexicaine du méchant terroriste, sauf qu’avec son accent espagnol il comprend rien et que la fiole qui contient le virus de la pneumonie du sida survole les Etats-Unis d’Amérique dans un ULM conduit par un Irlandais alcoolique recruté chez l’IRA ? Voilà ça te donne une idée. Quand on parle en japonais elle me mitraille à 150 à l’heure et quand on parle en anglais… Je crois qu’on n’a jamais parlé en anglais. Ou si elle a parlé en anglais j’ai pas remarqué que c’était de l’anglais. Bref, si tu vois les énigmes du père Fourasse, ça te donne une idée du mail que je reçois. Sauf que là le dossier demande une facturation UWGENTE, elle m’explique pourquoi le tarif du fret maritime doit être multiplié par le nombre de taches de lie de vin sur la fesse gauche des membres du haut-clergé de l’église romane catholique un soir de pleine lune avant midi, et en plus comme il est 22h le vendeur en charge du client est depuis longtemps rentré chez lui et tu es seule face à l’ordinateur et au mail crypté. Et là si tu ne résous pas l’énigme dans le temps imparti, c’est pas les lions qu’on va lâcher, c’est pire : la collègue va monter. C’est pas le sempai qui pourra te sauver sur ce coup-là, il parle anglais à peu près comme la collègue en question. Laisse-moi te dire que le Da Vinci code c’est de la pisse de lapereau d’une semaine en comparaison.

Et c’et là que tu te dis que merde, vu l’heure qu’il est, c’est pas une facture reportée sur le lundi matin qui va tuer qui que ce soit, un peu comme quand on décide qu’on ne peut pas sauver TOUTE l’Amérique non plus, pas TOUT LE TEMPS, et que la population de Bagdad, Texas (300 habitants) est attaquée par le virus de la pneumonie du sida alors que l’Irlandais kamikaze écrase son ULM dans un château d’eau qu’il avait pris pour les Twin Towers, car il avait emmené une bouteille de Jack Daniel’s pour se tenir chaud pendant le trajet.
Donc arrivé à 23h15, j’ai un peu envie de crier go fuck yourself San Diego au monde entier. Je finis par sortir avec frénésie la dernière facture pour la France, y a toujours une perte de 8000 yen sur ce dossier mais arrivé à ce stade, j’en ai plus rien à foutre, parfois il faut laisser l’ennemi gagner afin de mieux préparer la revanche, Jack, d’ailleurs tu vas devoir revenir au bureau demain parce que t’as des trucs à finir, mais là pour l’instant l’urgence extrême c’est le nanowrimo.

Donc je me jette dans le train à 23h24, top chrono, j’ai jusqu’à minuit, 1200 mots, en tapant sans respirer et sans aller à la ligne ou mettre de point, je peux le faire. Si je chope mes correspondances pile sans avoir de vieille qui se traîne devant moi dans les couloirs, mais là je te jure que la vieille, je l’empoigne par le jupon et je la jette sous le train, fini l’éducation catho, je reviens à l’état sauvage. La sûreté du pays ma santé mentale mon honneur est en jeu. Arrivée à Iidabashi, Je me jette impétueusement dans la tourmente des couloirs, rapide comme une consultation de psychiatre au Japon[3], taillant à short à tout être vivant osant se dresser sur mon passage. Explosant le record mondial d’aquaplaning longue distance, sans aqua et sans surface plane, j’arrive à temps sur le quai pour voir les portes du train se fermer narquoisement à mon nez, avec des paquets de salary men, women, enfants chinois et chiens d’aveugles pressés dedans comme le poulpe dans son bocal de vinaigre coréen. Je suis presque soulagée de l’avoir raté celui-là. Sauf que, bien évidemment, lorsque le train suivant arrive (UN QUART D’HEURE après) la même file d’attente s’est créée derrière moi, et je suis impitoyablement pressée contre la vitre d’en face. Quand je descends deux stations plus loin, faisant fi des leçons de maman, je charge comme un taureau à travers la foule et me précipite hors de la gare en laissant derrière un couloir sanglant d’usagers blessés hurlant à la mort. Il est minuit moins cinq quand je déboule dans la rue, je manque de péter mon talon en courant jusque chez moi. Il est minuit moins une quand j’arrive devant le bâtiment, je cherche les clefs dans ma poche que je trouve pas, sa mère la pute, même Jack Bourre-la-Reine n’a jamais vécu un stress si intense, elles étaient planquées dans la doublure les connasses, je défonce la porte et traverse l’appartement en vol plané pour écraser le bouton « on » de l’ordinateur, trop tard, minuit sonnent, dong dong dong ( mais imagine-le 12 fois, je vais pas tout t'écrire non plus), je deviens officiellement la première perdante du nanowrimo à devoir son échec à une coalition container de morue / père Fourasse.

Mais NON ! Telle Jack Bourre-la-Reine, je refuse l’échec ! Aucune loucherie n’est trop louche, aucune bassesse n’est trop basse, aucun mensonge trop mensonger et aucune tricherie trop (valse) trichienne pour protéger mes braves concitoyens qui votent, surtout ceux qui vivent autour de moi, surtout Yumika, car c’est elle qui de la chambre à côté profitera le mieux de mes hurlements, vomissements et sanglots de désespoir et qui risque d’être blessée par les objets volant à travers la pièce, surtout mon ordinateur portable.

Ainsi donc, comme la sûreté de l’Etat de mon appartement de mon ordinateur est en jeu, je décide de tricher. Je vais sur le site du nanowrimo, dans les paramètres de l’utilisateur, et, par un procédé technique complexe de clic sur les menus déroulants, je change mon fuseau horaire pour celui de la France. Après tout merde j’ai le droit, je suis Française et j’utilise mon fuseau horaire national si je veux. Ainsi, grâce à Greenwich qui est maintenant mon ami pour toujours, j’achète une heure et demie supplémentaire qui me permet d’arriver à 50042 mots et donc, cette fois encore et presque sans tricher, de GAGNER LE NANOWRIMO.
Sauf que comme j’ai triché un peu quand même, je n’ai pas le sentiment de triomphe des années précédentes. Je dois avoir un reste d’honnêteté qui demeure, tout au fond.

Accessoirement ce roman est le roman le plus à chier qui ait jamais été écrit, il dépasse encore en nullité les voyages dans le temps de la bonne sœur et de son extra-terrestre produits il y a cinq ans sous l’influence permanente de la bière allemande. Et boire c’est mal. Et pousser les gens dans le train pour sortir plus vite, c’est mal aussi. Bâcler les dossiers pareillement, si je retourne pas au bureau demain je vais me fustiger tout le weekend.

Papa maman, MERCI POUR LA SCOLARITE EN ECOLE CATHO.

 

Donc voilà ami lecteur, tous ces efforts pour, regarde un peu, ça.

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Le premier qui dit que c’est moche se prend une baborenn.

 

 



[1] Ctb, pour les innocents, ça veut dire Chamonix - Tours en Bus

[2] Zazie si tu nous regardes, pardon

[3] « Des anxyolitiques, un petit joint et ça ira bien, personne suivant s’il vous plaît »

Posté par MeryllB à 09:33 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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